triomphe

triomphe [ trijɔ̃f ] n. m.
• 1530; triumphe XIIe; lat. triumphus
1Victoire éclatante à l'issue d'un combat militaire (vx), d'une lutte, d'une rivalité quelconque. « la fameuse journée des dupes, qui assura le triomphe de Richelieu sur ses adversaires » (Gaxotte).
(mil. XVIe) (Choses) Établissement, avènement éclatant (de ce qui était en opposition, en lutte avec autre chose). victoire. Le triomphe d'une cause. « Le Triomphe de l'amour », de Marivaux. Ce qui représente, illustre cet établissement. « La révolution de Juillet est le triomphe du droit terrassant le fait » (Hugo). « en hauteur, New York est le triomphe de l'individualisme » (Sartre). consécration.
2(1265) Antiq. rom. Honneur décerné à un général qui avait remporté une grande victoire : entrée solennelle du vainqueur dans la ville. ovation. Le sénat décernait le triomphe, les honneurs du triomphe. Arc de triomphe. Par anal. Honneur semblable rendu à certaines personnes dans l'Antiquité ou en d'autres temps. apothéose. « le retour de Voltaire, son triomphe, l'Académie en corps venant le recevoir » (Taine). — EN TRIOMPHE : avec les honneurs et les acclamations du triomphe. Porter qqn en triomphe, le hisser au-dessus de la foule pour le faire acclamer.
3Par ext. (1462) Joie rayonnante, exultation que donne la victoire; grande satisfaction. « Pauline avait arboré un air de triomphe qui manquait de mesure et de tendresse » (Maurois). triomphant (2o). Cri de triomphe.
4(1527) Réussite éclatante. succès. Il avait « persévéré, voilà tout. Secret de tous les triomphes » (Hugo).
5 Approbation enthousiaste du public. Il a eu, il a remporté un vrai triomphe, on lui a fait une ovation.
Par ext. Action, représentation qui déchaîne l'enthousiasme du public. Ce spectacle est un triomphe. Production dans laquelle qqn excelle. « Son triomphe était le flamenco » (Louÿs). « Norma est le triomphe de Julia Grisi » (Gautier).
⊗ CONTR. Chute. Déconfiture, défaite, déroute.

triomphe nom masculin (latin triumphus) Victoire éclatante de quelqu'un, d'un groupe : Son élection a été un triomphe. Succès décisif ou éclatant de quelque chose : Lutter pour le triomphe d'une cause. Joie extrême, exaltation de quelqu'un qui est sûr de l'avoir emporté : Un petit air de triomphe. Entrée solennelle d'un général romain qui avait remporté une grande victoire. (Monté sur un char, le général victorieux, l'imperator, partait du champ de Mars, vêtu d'une toge de pourpre, la tête couronnée de lauriers d'or, précédé des sénateurs, des dépouilles des vaincus, du butin prélevé à l'ennemi, des prisonniers. Il gagnait le Capitole ; là, il offrait le sacrifice d'un taureau et dédiait sa couronne à Jupiter. Ce type de réjouissance fut repris dans les fêtes italiennes de la Renaissance, les entrées royales françaises.) Fête de la promotion venant d'achever sa première année d'études à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr. ● triomphe (citations) nom masculin (latin triumphus) Henrik Ibsen Skien 1828-Christiania 1906 On verra clairement un jour que le triomphe est la défaite ! Brand, III triomphe (expressions) nom masculin (latin triumphus) Porter quelqu'un en triomphe, le porter à plusieurs en le hissant au-dessus de la foule pour l'acclamer.

triomphe
n. m.
d1./d ANTIQ ROM Honneur rendu à un général après d'importants succès militaires. Arc de triomphe.
|| Loc. mod. Porter qqn en triomphe, le porter au-dessus d'une foule pour le faire acclamer.
d2./d Succès éclatant (de qqn ou de qqch). Triomphe d'un parti à une élection.
|| Le triomphe de...: la manifestation la plus éclatante de... C'est le triomphe de la médiocrité.
d3./d Grande joie provoquée par un succès. Pousser un cri de triomphe.
|| Ce qui reçoit une vive approbation du public. Son discours fut un triomphe.

I.
⇒TRIOMPHE1, subst. masc.
A. — 1. Grand succès militaire. Les triomphes de ce général. Les triomphes d'Alexandre (Ac. 1935). Paris depuis des siècles n'avait point vu la fumée des camps de l'ennemi, et c'est Bonaparte qui, de triomphe en triomphe, a amené les Thébains à la vue des femmes de Sparte (CHATEAUBR., Mém., t. 2, 1848, p. 490).
2. P. ext.
a) Victoire éclatante remportée dans une lutte, une compétition, une confrontation. Pascal, encore nouveau à Port-Royal, excité par l'affaire d'Arnauld, par le danger de ses amis et le triomphe insolent des persécuteurs, s'engagea (...) dans les Provinciales (SAINTE-BEUVE, Port-Royal, t. 3, 1848, p. 20). Je ne sais ce que deviendra la révolution russe; (...) je ne puis affirmer que celle-ci conduira forcément à un triomphe du prolétariat (SARTRE, Existent., 1946, p. 53).
Triomphe sur. Nicole, s'agenouillant devant le Roi et élevant son verre: Je bois à la santé du Roi! à ses longs jours! (...) À son triomphe sur tous ses ennemis! (BANVILLE, Gringoire, 1866, 1, p. 10).
b) Succès décisif, établissement éclatant (de quelque chose). Le triomphe définitif du principe de la liberté de conscience nous est cher (BERT, 1883 ds Fondateurs 3e Républ., p. 184). Le classicisme est le triomphe de la raison (MARIN, Ét. ethn., 1954, p. 62).
Triomphe sur. Ces ombres glorieuses, seules visibles, seules sauvées, semblaient, au regard du jeune homme, célébrer le triomphe d'une pensée persévérante sur la multitude confuse des mouvements et des élans fugitifs (DUHAMEL, Nuit St-Jean, 1935, p. 114). Cette belle église de Saint-Nicolas construite pour célébrer (...) le triomphe du catholicisme sur l'hérésie (CLAUDEL, Soulier, 1944, 2e part., 1, 1042).
SYNT. Triomphe de la foi, de la religion; triomphe du bien, du mal, de la vertu, du vice; triomphe du droit, de la force, de la justice, de la vérité; triomphe d'un régime, d'une doctrine; lutter pour le triomphe d'une cause; son élection a été un véritable triomphe.
Littér. Manifestation glorieuse, éclatante. La nuit qui précède le jour du triomphe du Soleil au printems (DUPUIS, Orig. cultes, 1796, p. 162). Elle dansait avec ivresse, avec emportement, grisée par le plaisir, ne pensant plus à rien, dans le triomphe de sa beauté, dans la gloire de son succès (MAUPASS., Contes et nouv., t. 1, Parure, 1884, p. 457).
c) ) Réussite, succès éclatant (de quelqu'un). Le triomphe de Lucien chez madame de Bargeton (BALZAC, Illus. perdues, 1837, p. 135). Il aurait besoin de protections d'abord; puis, grâce à ses moyens, il deviendrait conseiller d'État, ambassadeur, ministre. Ses triomphes au collège de Sens légitimaient cet orgueil; il avait remporté le prix d'honneur (FLAUB., Éduc. sent., t. 1, 1869, p. 15).
En plein triomphe. En plein triomphe, méconnu et seul, Delacroix, lion malade, vomit son sang au fond de l'antre (FAURE, Hist. art, 1921, p. 164).
— [À propos d'une chose] Triomphe du télégraphe. Aujourd'hui à 2 h 1/4 du soir, nous lisions imprimées des dépêches de Milan datées d'aujourd'hui à midi (AMIEL, Journal, 1866, p. 338). Le sport cycliste devint routier par l'invention du pneu. Alors commence l'ère des classiques, qui vont consacrer le triomphe de la petite reine (Comment parlent les sportifs ds Vie Lang. 1952, p. 137).
) Action, production, performance qui déchaîne l'enthousiasme du public. Ce spectacle est un triomphe. Un des agents du comte demanda plusieurs fois Arlequin squelette et pâté, l'un des triomphes de Giletti (STENDHAL, Chartreuse, 1839, p. 143).
B. — 1. ANTIQ. ROMAINE. Honneur suprême décerné à un général ayant remporté une grande victoire, consistant en une entrée solennelle dans la ville, monté sur un char, à la tête de son armée et suivi des prisonniers et du butin. Décerner le triomphe; les honneurs du triomphe; char de triomphe; mener des captifs en triomphe. L'on vit à son triomphe [de César] une statue de Cléopâtre, le bras entouré d'un aspic (MICHELET, Hist. romaine, t. 2, 1831, p. 327).
Arc de triomphe.
P. anal. Manifestation grandiose et solennelle organisée en l'honneur de certaines personnes. Le triomphe de Pétrarque au Capitole. Ces charmes souverains lui firent comprendre les amours insensées qu'excite parfois chez des marauds du peuple la grâce nonpareille de quelque jeune reine apparue en triomphe ou cérémonie publique (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 267).
2. Approbation enthousiaste exprimée à celui qui a remporté une victoire, un succès. Quel triomphe! Il a eu, il a remporté un vrai triomphe (ROB. 1985).
Faire un triomphe à qqn. Prodiguer à quelqu'un de grandes démonstrations d'admiration, d'enthousiasme, l'acclamer publiquement. La jeunesse des écoles normales de Paris a voulu hier me faire un triomphe et m'offrir une lyre d'argent (LAMART., Corresp., 1836, p. 200).
Porter qqn en triomphe. Porter quelqu'un à plusieurs, en le hissant au-dessus de la foule pour le faire acclamer. Champion porté en triomphe. Les voilà tous qui s'organisent, les chefs des métiers en tête, pour venir ici complimenter notre maître et le porter en triomphe à la maison commune. Marthe, à part  : Un triomphe! il en perdra la tête! (SCRIBE, Bertrand, 1833, II, 9, p. 165). Je rencontre (...) devant Capsa, la taverne chic, un artilleur porté en triomphe par des étudiants ironiques (VERCEL, Cap. Conan, 1934, p. 45).
3. Joie extrême, exaltation que donne une victoire, un succès. Air, cri, regard, sourire de triomphe. Ah! le triomphe insolent de Clemenceau sortant de ces accusations fausses, mais vraies au fond, indemne, pur, insoupçonnable (GONCOURT, Journal, 1893, p. 419):
... Louis-Philippe aura détrôné le fils de Henri IV, François II empêché la réunion de la mère et du fils  ; M. le Prince de Metternich relèvera M. le général Bugeaud dans son poste  ; c'est à merveilles. Mais quel triomphe pour vos révolutionnaires d'Italie, quand ils verront ainsi se déshonorer les Monarques!
CHATEAUBR., Mém., t. 4, 1848, p. 446.
Avoir le triomphe modeste. Alban, comme tous ceux de qui l'orgueil est dans les profondeurs, avait le triomphe modeste (MONTHERL., Bestiaires, 1926, p. 422).
PSYCHOL. Conduite du triomphe. ,,Expression employée comme terme technique de psychologie concrète par Pierre Janet pour désigner l'ensemble de sentiments et de réactions qui accompagnent et suivent spontanément le succès chez celui qui vient de l'obtenir`` (LAL. Suppl. 1968). Le « triomphe » constitue (...) le dernier stade d'activation d'une tendance (LAL. Suppl. 1968).
4. Arg. de Saint-Cyr. ,,Fête semi-militaire de fin d'année, où la promotion des « recrues » reçoit son nom de baptême de la promotion précédente`` (ESN. 1966).
Prononc. et Orth.: []. Att. ds Ac. dep. 1694. Éty-mol. et Hist. 1. a) Ca 1165 « succès, réussite  ; supériorité » (BENOÎT DE STE-MAURE, Troie, éd. L. Constans, 27037); b) 1798 « chose où on excelle » (Ac.: un tel rôle est le triomphe d'un tel Acteur); 2. a) 1174-76 « victoire militaire éclatante » (GUERNES DE PONT-STE-MAXENCE, St Thomas, éd. E. Walberg, 3367: Qu'il ait al tierz asalt le trïumphe plenier); b) 1527 « prouesse, haut fait (militaire) » ([J. DE MAILLES], Loyal Serviteur, Hystoire (...) des faitz, gestes, triumphes et prouesses du bon chevalier (...) Bayart, Paris ds CIORANESCU 16e, 13960); 3. a) ca 1240 « (en référence à l'Antiquité) honneur suprême accordé aux généraux victorieux » (JEAN DE THUIN, Jules César, 10, 6 ds T.-L.: ceste fieste, on l'apïeloit a Roume [...] trïumphe, ce est a dire victore); b) ca 1265 p. anal. « manifestation grandiose en l'honneur de quelqu'un » (BRUNET LATIN, Trésor, éd. Fr. J. Carmody, I, 89, 5, p. 70: quant Charles [Charlemagne] ot Lombardie tote conquise [...], il ala en Rome a grant triumphes); 4. 1456-67 « manifestation de joie, joie que donne une victoire » (Cent Nouvelles nouvelles, II, éd. F. P. Sweetser, p. 32: Toute la grand triumphe qui [...] souloit cumblement abunder, est par ce cas abatue et ternie); 1673 « satisfaction triomphante » (RACINE, Mithridate, IV, 5  : quel triomphe pour vous, Si vous saviez ma honte); 5. 1555 « (en parlant d'une chose) victoire, avènement » (PHILIEUL, tr. PÉTRARQUE, l. IV, Triomphe d'Amour [allégorie] ds HUG.); XVIe s. (Les Triomphes des vertuz, ms. Bibl. nat. fr. 144); 1670 triomphe de la mort (BOSSUET, Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre ds Œuvres, éd. B. Velat et Y. Champailler, Paris, 1961, p. 89); 6. 1671, 29 avr. « éclat, manifestation glorieuse » tout le triomphe du mois de mai (SÉVIGNÉ, Lettres, éd. R. Duchêne, t. 1, p. 238); 7. 1821 milit. « fête au cours de laquelle l'élève de St-Cyr, qui, au tir au mortier, avait abattu le tonneau servant de cible, est porté en triomphe » (d'apr. ESN.); 1887 « fête de la promotion des St-Cyriens ayant achevé la 1re année d'études » (ibid.). Empr. au lat. triumphus « entrée solennelle du général victorieux  ; victoire ». Bbg. ROQUES (M.). Sur l'incertitude sém. des mots d'empr. Mél. Gessler (J.). Louvain, 1948, pp. 1066-1072.
II.
⇒TRIOMPHE2, subst. fém.
JEUX
A. — Ancien jeu de cartes, variante de l'écarté. C'était à la triomphe, il avait le roi, la dame, le neuf d'atout, et deux autres rois (VIDOCQ, Mém., t. 4, 1828-29, p. 333). On joue à la triomphe ordinairement à deux et avec un jeu de piquet (Nouv. Lar. ill.).
B. — Carte qui sert à couper à ce jeu  ; atout. (Dict. XIXe et XXe s.).
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1. 1482 jouer au jeu du triomphe (A. N. JJ 206, f° 181 r° ds GDF. Compl.); 2. 1611 fém. « atout à ce jeu » (COTGR.). Même mot que triomphe1; cf. lat. ludus ad triumphos; ludus triumphorum (1484, Italie) et ital. trionfo (1561 ds DEI); cf. aussi dauph. trompho « atout », trounflo « jeu de cartes »; langued. triounfo « id. », termes de formation pop., v. FEW t.13, 2, p. 311a et MISTRAL, s.v. triounflo.
STAT. Triomphe1 et 2. Fréq. abs. littér.:3 422. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 6 029, b) 4 786; XXe s.: a) 5 103, b) 3 769.

1. triomphe [tʀijɔ̃f] n. m.
ÉTYM. 1530; triumphe, fin XIIe, au sens 1.; lat. triumphus.
1 Victoire éclatante à l'issue d'un combat militaire (vx), d'une lutte, d'une rivalité. || Le triomphe du méchant et l'oppression du juste (→ Immatériel, cit. 1). || Le triomphe des Saints (cit. 8). || Le triomphe la rendit généreuse (→ Revanche, cit. 5). || Assurer son triomphe (→ Répertoire, cit. 5). || La journée qui assura le triomphe de Richelieu sur ses adversaires (→ Dupe, cit. 10). Avantage.
1 En fait de souvenirs nationaux, les deuils valent mieux que les triomphes, car ils imposent des devoirs, ils commandent l'effort en commun.
Renan, Discours et Conférences, Qu'est-ce qu'une nation ?, III.
(Mil. XVIe, Calvin). Choses. Établissement, avènement éclatant (de ce qui était en opposition, en lutte avec autre chose). Victoire. || Le triomphe de la mort (→ Gloire, cit. 8), de la vie (→ Spleenétique, cit. 5). || Le triomphe du jour sur la nuit (→ Solaire, cit. 1). || Le triomphe de leurs idées (→ Novateur, cit. 6), d'une cause (→ Existence, cit. 23). || « Le triomphe de l'amour », comédie de Marivaux.Ce qui représente, illustre cet établissement. || Waterloo, triomphe de la médiocrité (cit. 7) sur le génie. || New York est le triomphe de l'individualisme (→ Étage, cit. 2). Consécration.
2 C'est bien, si vous y tenez, le triomphe de la morale, mais ce n'est guère celui de l'innocence et de la vertu.
Beaumarchais, le Mariage de Figaro, Notice.
3 La Révolution de Juillet est le triomphe du droit terrassant le fait. Chose pleine de splendeur.
Hugo, les Misérables, IV, I, I.
2 (V. 1265, triumphe). Antiq. rom. Honneur décerné à un général qui avait remporté une grande victoire : entrée solennelle du vainqueur dans la ville, monté sur un char (quadrige) et suivi de son armée, des prisonniers et des dépouilles, sous les acclamations de la foule (→ Triomphalisme, cit.). || La pompe, les honneurs du triomphe. || Triomphe et ovation. || Demander, décerner le triomphe. || Vercingétorix avait vu le triomphe de son vainqueur (César). → Capitole, cit. 2. || Les vains triomphes dont l'antiquité honorait ses conquérants (→ Ascension, cit. 2). || Chute qui suit le triomphe (→ La roche Tarpéienne est près du Capitole).Loc. Arc de triomphe. Arc.(Fin XVe). Par anal. Honneur semblable rendu à certaines personnes dans l'antiquité ou en d'autres temps. || Le triomphe de Pétrarque au Capitole (→ Hommage, cit. 27). Apothéose.
4 Je n'ai pas besoin de conter le retour de Voltaire, son triomphe, l'Académie en corps venant le recevoir, sa voiture arrêtée par la foule, les rues comblées, les fenêtres, les escaliers et les balcons chargés d'admirateurs (…)
Taine, les Origines de la France contemporaine, II, t. II, p. 127.
(1553). En triomphe : avec les honneurs et les acclamations du triomphe. || Promener des statues en triomphe (→ Idolâtre, cit. 2). || Porter qqn en triomphe, le hisser au-dessus de la foule pour le faire acclamer (→ Hisser sur le pavois). || Libérateur, champion porté en triomphe (→ aussi Capitole, cit. 3; fasciste, cit. 3).(XVIIe). Vieilli. Fig. (→ Hautain, cit. 2).
5 (…) la garde citoyenne (alors c'était tout le peuple) amena au-devant des députés, au son de la musique militaire, le garde français qui le premier avait arrêté le gouverneur de la Bastille; il était conduit en triomphe sur la voiture de de Launey, couronné de lauriers, portant la croix de Saint-Louis, que le peuple arracha au geôlier pour la mettre à son vainqueur (…)
Michelet, Hist. de la Révolution franç., II, I.
Vx. || Captifs menés en triomphe, enchaînés au char du triomphateur.
3 (1462). Joie rayonnante, exultation que donne une victoire. || Un air de triomphe (→ Noblement, cit. 4; pli, cit. 13). || Sourire, regard de triomphe. Triomphant. || Sentiment de triomphe. Satisfaction. || Cri de triomphe.
6 Le malheur était qu'en retrouvant ses forces, Pauline avait arboré un air de triomphe qui manquait de mesure et de tendresse.
A. Maurois, les Roses de septembre, I, XII.
4 (1527). Réussite éclatante. Gloire, réussite, succès. || Le triomphe d'autrui (→ Hostile, cit. 9). || Il avait persévéré (cit. 2), secret de tous les triomphes. || La vie de Voltaire est une suite de triomphes et d'humiliations (cit. 19).
5 Approbation enthousiaste du public. Acclamation, ovation. || Quel triomphe ! || Il a eu, il a remporté un vrai triomphe. || On lui fit un véritable triomphe.
7 Il y a des outrages qui vous vengent de tous les triomphes (…)
Flaubert, Correspondance, 303, 16 janv. 1852 (→ Sifflet, cit. 4).
Action, représentation, production… qui déchaîne l'enthousiasme du public. Succès. || Ce spectacle est un triomphe. || Son disque est un vrai triomphe ( Tube).Le triomphe de qqn, son triomphe : action, représentation, production dans laquelle qqn excelle, triomphe. || Son triomphe était le flamenco (cit. 1).
8 Norma est le triomphe de Julia Grisi. Quiconque ne l'a pas vue dans ce rôle, ne peut pas dire qu'il la connaît (…)
Th. Gautier, Souvenirs de théâtre, « Norma. »
6 (1887; autre sens, 1821). Fête de la promotion des saint-cyriens après une année d'études.
CONTR. Chute. — Déconfiture, défaite, déroute.
DÉR. Triomphalisme, 2. triomphe.
————————
2. triomphe [tʀijɔ̃f] n. f.
ÉTYM. 1460, triumphe, Villon; du précédent.
Vieux.
1 Ancien jeu de cartes (voisin de la belote); nom de l'atout à ce jeu.
2 Jeu voisin de l'écarté.

Encyclopédie Universelle. 2012.